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Inflation et taux d’intérêt : résultat de l’enquête 2018 de Swiss Risk & Care

 
 

Comme en 2017, et en collaboration avec SIACI SAINT-HONORE, Swiss Risk & Care a mené une enquête auprès de gérants de fortune afin de connaître leurs attentes en termes d’inflation et de taux d’intérêt pour différentes zones monétaires. Il s’agit d’une information stratégique pour les investisseurs institutionnels qui fixent le taux d’escompte de leur engagement en fonction du rendement qu’ils espèrent générer à long terme.

L’évolution des taux d’intérêts et l’inflation ont un impact sur la performance de la quasi-totalité des actifs de leur portefeuille, notamment les obligations. L’inflation a également une influence sur l’évolution des engagements et les cashflows à travers une potentielle revalorisation des rentes ou la croissance des salaires.
 
En comparaison avec l’enquête de l’année dernière, les réponses des 27 participants de cette année montrent :
  • des attentes d’inflation à long terme quasiment identiques
  • des taux directeurs de banques centrales à long terme très proches, mais avec une vitesse de convergence vers leur valeur de long terme plus rapide
  • des valeurs à long terme des taux d’intérêt à 10 ans plus faibles d’environ -0.4 à -0.7 point de pourcentage selon la zone monétaire considérée avec une vitesse de convergence similaire et une dispersion de ces valeurs plus faible (réduction de l’incertitude)
Malgré la baisse des valeurs de long terme, le graphique ci-dessous montre que les attentes des gérants de fortune concernant les taux nominaux à 10 ans restent supérieures aux attentes du marché [1]. Toutefois, pour le Japon et les Etats-Unis, l’écart n’est que d’environ 0.3 point de pourcentage, alors qu’il atteint près de 1 point de pourcentage pour la zone Euro (rating AAA) et le Royaume-Uni.

Rendement à l'échéance à 10 ans des obligations d'Etat

Source : Swiss Risk & Care
 
Pour rappel, une hausse de taux plus forte que celle attendue ou anticipée par le marché entraîne une perte pour l’investisseur. Le risque de taux est donc beaucoup moins important aux Etats-Unis ou au Japon qu’en Suisse, en Europe et au Royaume-Uni. La performance des obligations en CHF [2] devrait donc être négative (performance annualisée de -0.5% après 5 ans) avant de devenir positive en raison de revenus offerts plus élevés par la suite (performance annualisée de 0.3% après 10 ans).
 
Aux Etats-Unis, le risque de taux d’intérêt a diminué par rapport à l’année dernière, notamment en raison d’une hausse des taux (+0.45 point de pourcentage pour le rendement à l’échéance à 10 ans). Elle a été beaucoup plus limitée dans les autres pays développés comme le montre le graphique ci-dessous.
 

Evolution du rendement à l'échéance des obligations d'état à 10 ans entre mars 2017 et mars 2018

 
Si le scénario de hausse d’inflation et de taux se poursuit, les investisseurs institutionnels devraient maintenir stratégiquement une faible exposition aux actifs présentant une forte sensibilité au taux d’intérêt. Et ce, en Suisse et en Europe notamment. Toutefois, ils doivent rester attentifs au niveau de risque global de leur portefeuille comme est venue le rappeler la hausse soudaine de la volatilité en février.
 
 
[1] Les attentes de marché sont déduites de la courbe actuelle des rendements à l’échéance des obligations d’Etat.
[2] L’univers d’investissement reprend les caractéristiques de l’indice SBI Total AAA-BBB.
 

Notre auteur

Sébastien Brocard
Sébastien Brocard
Responsable des investissements
Article publié en mai 2018

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