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Petit-déjeuner de la Prévoyance

Quels sont les enjeux de la réforme de l’AVS et du 2e pilier ?

C’est la question qui a animé le Petit-déjeuner de la Prévoyance organisé début juin par Swiss Risk & Care, en partenariat avec la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève.

 
 
Les conséquences pour les entreprises et pour ses 3 acteurs – employeur, employés et caisse de prévoyance – étaient au centre des discussions. Madame Ruth Dreifuss, conseillère fédérale de 1993 à 2003, a partagé sa vision à long terme de notre prévoyance retraite. Comme nos experts, Jean-François André (à gauche) et Nicolas May (à droite), elle se positionne en faveur de la réforme et en décrypte pour vous les enjeux.
"Je me suis engagée à défendre cette réforme qui donnera du souffle à notre système pour plusieurs années."
C’est par ces mots que Ruth Dreifuss a rappelé l’enjeu qui va se jouer lors de la votation du 24 septembre prochain, concernant le système de prévoyance suisse.
 

La prévoyance en Suisse : un système en constante évolution depuis un siècle

Si l’AVS fut instaurée en 1948, ses fondements furent imaginés dès 1918. Malgré de nombreuses révisions au fil du temps (Madame Dreifuss réussit celle de 1995, la dixième et dernière en date), ce dispositif a montré, au cours des années, sa grande stabilité et a su remplir sa mission première : assurer le maintien du niveau de vie des personnes partant à la retraite. De son côté, la LPP, mise en place en 1985, a également connu des réformes pour s’adapter aux évolutions de la société.
 

Un changement de paradigme

Aujourd’hui, la réforme de la Prévoyance 2020 va plus loin et propose un changement profond. Ruth Dreifuss explique :
"Avec la hausse de l’âge du départ à la retraite à 65 ans pour les femmes, c’est aussi leur place dans la société dont il est question. Il s’agit de la dernière étape dans la mise à niveau entre les hommes et les femmes."
La nouvelle loi suit la même logique de rééquilibrage entre célibataires et couples mariés. Ces derniers touchent aujourd’hui 150 % de la rente AVS. Ce taux sera porté à 155 % si la réforme passe.
 

Sauver notre système

 En proposant dans un même « package » de réformer l’AVS et le 2e pilier, Alain Berset, vice-président du Conseil fédéral, « permet de sauver l’équilibre du système », comme l’a rappelé Ruth Dreifuss. La hausse de l’âge de la retraite pour les femmes ou la baisse du taux de conversion du capital du 2e pilier en rentes seront, bien sûr, des points difficiles à faire passer à la population. Les mois qui nous séparent de la votation devront être consacrés à l’explication. Il en est de même avec l’augmentation de la TVA qui contribuera au financement de l’AVS (pour rappel, la TVA augmenterait d’un point et demi échelonné dans le temps). Mais c’est à ce prix que le niveau des rentes et la sécurité des versements seront garantis pour les années à venir... du moins jusqu’en 2030.

Notre invitée

Ruth Dreifuss

 

Première présidente de la Confédération en 2000, Ruth Dreiffus est la conseillère fédérale en charge du Département fédéral de l'intérieur de 1993 à 2002.

 

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