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Flash info

Revue des marchés de septembre 2017

  • L’euro s’est apprécié fortement face au franc suisse avec un taux EUR/CHF proche de 1,15 au 15 septembre, mais encore loin de la parité de pouvoir d’achat proche de 1,20. Le dollar a perdu plus de 14 % depuis le début de l’année face à l’euro, un peu comme le ferait une devise émergente ! L’écart est essentiellement dû à l’incertitude politique. En prenant en considération l’écart entre les taux directeurs de la FED et de la BCE et de la taille de leur bilan, le taux EUR/USD devrait être de 1,08. Or ce taux est actuellement de 1,20. Les 0,12 d’écart sont le prix de l’incertitude politique américaine : jusqu'à quel point Trump ne fera pas ce qu’il a promis ? Prochaine étape : faire passer (ou non) la très attendue réforme fiscale et la réduction de l’impôt sur les sociétés à 15 %. Mais cette réforme n’est pas du goût de nombreux républicains : des recettes en moins, c’est du déficit budgétaire supplémentaire.
 

Source : BNS

 
  • Si la BCE remettait en cause sa politique expansionniste, elle prendrait le risque d’une appréciation supplémentaire de l’euro. Elle maintient donc sa politique de taux bas, nécessaire à la continuité de la reprise de la croissance et de l’investissement. Elle attendra que la Fed ouvre la bal du resserrement monétaire. Rien ne presse sur la hausse des taux pour les portefeuilles obligataires : en anglais « normalisation obligataire » se dit « you will likely loose money ».
  • La croissance est bien présente et surtout, synchronisée dans toutes les parties du monde (~ 2 %), elle semble bien devoir se maintenir pour l’année prochaine. Un cycle économique ne meurt pas de vieillesse, mais plutôt de sa surchauffe, lorsqu’il y a de l’inflation. Or celle-ci reste très contenue. En particulier en zone euro où l’inflation par les salaires ne va pas reprendre tant que le taux de chômage restera élevé. Et la bonne nouvelle, c’est que l’investissement repart : à la veille d’une possible remontée des taux, les entreprises se hâtent de financer des projets en empruntant à bon prix.
  • Harvey : 85 % des ménages impactés par le cyclone n'étant pas assurés pour ce risque, ce ne sont sans doute pas les assureurs américains mais bien la sphère publique (Etat fédéral et Municipalités/municipal bonds) qui devra supporter les coûts, ce qui aura un impact budgétaire (cf. premier point). Cette fois-ci, les américains vont être très vigilants et ne passeront rien à leur administration, ayant bien en mémoire la désastreuse gestion des secours et des aides à la reconstruction après Katrina.
  • Dans l’épais brouillard britannique du Brexit, tout va bien pour l’instant, en tout cas en matière de croissance et d’emploi. Mais l’écueil de l’inflation locale augmente, suite à la baisse de la GBP, du revenu disponible qui baisse et d’une incertitude des ménages qui s’accroît. Autant d’ingrédients qui nourrissent la baisse de la consommation et de l’investissement de demain. Eventuellement, les Britanniques puiseront davantage dans leur épargne, au risque de grever significativement leurs revenus à la retraite.
 
  • De son côté, Angela Merkel se dit prête à étudier la mise en place d’un ministère des finances de l’eurozone, en échange certainement des réformes en France.
  • La croissance chinoise, même difficile à vérifier, reste forte à 6,9 %. Tous les chiffres sont au vert en Chine puisque nous sommes à la veille d’un Congrès et de l’élection du bureau politique du parti communiste. L’idée est désormais de développer l’intérieur de la Chine : investir davantage dans les territoires isolés loin des côtes surpeuplées et recréer « une route de la soie » vers l’Ouest importateur. Façon aussi d’occuper utilement les provinces Ouigours sujettes aux tentations islamistes.
  • Kim Jong-un tirera peut être encore un missile ce week-end, son activité dominicale. Seule consolation : plus il fait d’essais plus il consomme des munitions particulièrement onéreuses et difficiles à renouveler discrètement. Il sait qu’après le congrès du parti communiste chinois, le président Xi sortira renforcé et aura davantage les mains libres pour siffler la fin de la récréation coréenne. Par ailleurs, une action militaire sur la capitale nord-coréenne n’a pas de sens, puisqu’elle entraînerait instantanément des représailles, notamment sur Séoul distante de seulement 200 km de Pyongyang.
  • Les fondamentaux sont bons et les valorisations sont élevées, mais la volatilité reste basse. L’optimisme n’est pas interdit même en Suisse, malgré le franc fort, avec une prévision de croissance du PIB maintenue à 1.9 % en 2018 et une prévision du taux de chômage à 3.1 %. La BNS vient tout juste de relever légèrement sa prévision d’inflation à 0.4 % (contre 0.3 % auparavant ) pour 2018 et à 1.1 % pour 2019 (conte 1 % auparavant).
 
 
Sources de l'article : CPR AM, JPMorgan, Natixis AM, SECO et BNS

Nos auteurs

Sébastien Brocard
Sébastien Brocard
Actuariat et Investissement
Article publié en septembre 2017

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