Article Assurance

Article paru dans Insurance Inside n°13 - Mars 2019
 
 

Risques émergents : comment les gérer ?

Les entreprises ont toujours été confrontées à des risques d’un genre nouveau, appelés « risques émergents ». Nouveaux ou en constante évolution, ils sont difficiles à identifier et à gérer. Toutefois des solutions existent.

Impact des changements climatiques, émergence de nouveaux risques sur la santé, cybercriminalité, risques de réputation, etc., le nombre de risques auxquels sont exposées les entreprises aujourd’hui n’a jamais été aussi élevé. Et leur gestion s’avère délicate, en particulier celle des risques émergents. Ces derniers désignent habituellement dans le domaine de l’assurance des « risques possiblement susceptibles de survenir dans le futur et affichant une potentialité de sinistres élevée », selon la définition proposée par l’Association Suisse d’Assurances (ASA). Leur évolution dynamique et leur complexité en font des risques particulièrement difficiles à identifier, à quantifier et à comprendre. Pourtant, en cas de sinistre, ils peuvent fortement impacter les entreprises, les gouvernements et les assureurs.

 

Identifier pour mieux prévenir

« Les risques émergents découlent directement de l’évolution de notre société et des préoccupations que ces changements suscitent, analyse Sophie Di Meglio, Directrice Risques Spéciaux de Swiss Risk & Care. Les changements climatiques, la conscience environnementale, la problématique des migrations, les tensions géopolitiques, la montée en puissance des nouvelles technologies dans tous les domaines: autant de thématiques complexes qui peuvent avoir des impacts conséquents. Les nouvelles technologies,
par exemple, engendrent de nouveaux risques difficiles à gérer : les cyber-risques, la mobilité autonome, les OGM, la robotique, l’impression 3D, les organes artificiels, la liste est encore longue ! Ces risques doivent être identifiés au mieux afin d’amener une réflexion précoce et de les prévenir ou les limiter. »

Peu de produits d’assurance

Pourtant, peu de ces risques sont assurés, certains sont inassurables et d’autres assurables via des assureurs de niche, mais à des niveaux de prime très élevés. En cause, une méconnaissance du risque, une insuffisance de données statistiques, une absence de réglementation et/ou un manque de clarté juridique. Si la réglementation dans le domaine des cyber-risques est un peu plus claire aujourd’hui et a permis la création de produits spécifiques, elle l’est moins dans d’autres secteurs. Certains assureurs sont en mesure d’offrir des garanties sur-mesure, par exemple en matière de risques opérationnels, sujet de plus en plus préoccupant pour les entreprises. Des garanties à la carte pour certains risques opérationnels clés, le plus en adéquation possible avec les scénarios établis par l’entreprise avec des capacités importantes offertes par ces assureurs pour répondre à des risques catastrophe.

Un accompagnement spécialisé pour pallier les lacunes

Le courtier doit faire remonter aux compagnies d’assurances les problématiques auxquelles sont confrontés ses clients. Pour cela, il faut qu’il ait une parfaite connaissance de l’environnement dans lequel évolue son client afin d’identifier et de comprendre les
risques ainsi que leurs interactions. Cela lui permet ensuite de discuter et négocier avec l’assureur pour mettre en place une couverture adaptée à ses besoins. Lorsque le marché suisse des assurances arrive à ses limites, des solutions peuvent être trouvées à l’étranger ou même créées de toute pièce (cf. ci-dessous).
 
Quel sera l’avenir des compagnies d’assurance suisses? L’analyse stratégique d’EY1 sur le futur du domaine leur laisse trois choix : périr, survivre ou prospérer. À suivre…

La captive : la solution pour les grandes entreprises

Outil de gestion des risques, la captive est une société de réassurance interne qui a pour vocation d’assurer les risques de la maison mère et notamment les risques difficilement assurables par les assureurs traditionnels, comme certains problèmes liés à la fraude ou à l’image de marque. La captive identifie la réserve à allouer pour payer un éventuel dommage, règle les sinistres et protège le bilan de l’entreprise.
Avec son partenaire, Risk Reinsurance Solution SA (2RS), Swiss Risk & Care propose une nouvelle offre pour les captives suisses. Elle comprend un choix étendu de domiciles en Suisse et dans l’Union européenne ainsi que des services complets de gestion et d’actuariat.

Interview de Sophie Di Meglio

Assurer les risques émergents : la problématique est bien connue de Sophie Di Meglio, Directrice Risques Spéciaux de Swiss Risk & Care. Des solutions existent même s’il faut parfois sortir du marché suisse.

Selon l’étude d’EY, « Dying, Surviving or Thriving »1, les assureurs suisses restent « plutôt sur la défensive » en matière d’innovation. Est-ce un constat que vous partagez ?

L’analyse d’EY est pertinente.L’innovation n’est pas suffisante en regard des attentes croissantes des clients. Ils ont des besoins spécifiques que l’assureur classique ne peut pas toujours combler. Les compagnies d’assurance traditionnelles peuvent avoir un appétit de souscription limité, voire inexistant sur certains segments. Entre un même assureur établi en Suisse ou à Londres, l’écart se situe parfois au niveau de l‘expertise qui manque en Suisse, mais qu’on trouve à Londres.

Est-ce la raison pour laquelle Swiss Risk & Care est le 1er courtier Lloyd’s en Suisse ?

En tant que courtier, nous devons trouver des solutions d’assurance pour nos clients. Si le marché suisse ne répond pas à leurs attentes, nous passons de l’autre côté de la Manche pour sonder le marché anglais et celui du Lloyd’s en particulier. Soit il existe des produits déjà élaborés, soit nous construisons avec les Lloyd’s une couverture adaptée aux risques encourus. Nous profitons également de leur approche mondiale, très utile dans le cas de notre clientèle internationale.

De quels autres avantages disposent vos clients ?

En tant que filiale de SIACI SAINT HONORE, groupe européen spécialisé dans le conseil et le courtage, nous avons à disposition un réseau de spécialistes en gestion des risques. plus de leurs compétences métier dans toutes les branches des assurances – Transport, Risques politiques, Globale Bijoutier, Fine Art, Construction, Risques Financiers, etc. – ils maîtrisent les problématiques des différents secteurs d’activités, même les plus confidentiels. Notre équipe à Genève est, quant à elle, spécialisée dans les risques financiers.
 
 
1« Dying, Surviving or Thriving. Analyse stratégique de l’avenir du marché suisse de l’assurance », par EY. www.ey.com/ch/insurancereports
 

Sophie Di Meglio est Directrice Risques Spéciaux de Swiss Risk & Care. Elle est spécialisée dans les risques financiers.

Articles associés

Services associés