Le monde du travail d’après… l’entreprise en quête d’un nouveau sens

 
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Fin juin, Swiss Risk & Care organisait un webinaire en partenariat avec la CCIG sur l’impact de la crise sanitaire sur les entreprises et les salariés. Il réunissait trois intervenants, experts des sujets RH : Myriam El Khomri, Directrice du Pôle Conseil RH de SIACI SAINT HONORE, ancienne ministre du Travail du Gouvernement français, Claudia Noth, Directrice des Ressources humaines de l’EPFL et Philippe Lamb, enseignant-chercheur à l'Université de Neuchâtel. Comment évolue le monde du travail ? Nous vous livrons leurs pistes de réflexion.

L’évolution du rapport au travail

La crise sanitaire a révélé un fort besoin de sens de la part des travailleurs. Un constat déjà ancien et corollaire à l’instabilité que connait le monde du travail depuis plusieurs années. Comme le rappelle Myriam El Khomri, « un jeune qui arrive sur le marché de l’emploi en 2021 changera en moyenne 10 fois d’employeurs, de métiers, de statut. Et un enfant exercera adulte un métier qui n’existe même pas aujourd’hui. » Et d’ajouter : « Les gens connaissent une difficulté à se projeter. La question du sens est donc centrale. Elle a été ravivée lors de cette crise avec la hiérarchisation des métiers, entre ceux considérés comme essentiels et ceux catégorisés non essentiels. » Tous les intervenants ont souligné la nécessité de faire évoluer les modes de management vers une pratique plus participative, fondée sur la confiance. « Un véritable défi pour les entreprises, et en particulier les PME, selon Philippe Lamb, qui cache une grande disparité d’approche selon les secteurs professionnels. » « Cette période qui a généralisé le télétravail nous a obligés à passer d’un mode de contrôle à un mode de confiance d’une part et, d’autre part, du contrôle de la présence au contrôle du livrable », affirme Claudia Noth. Pour certains employés, ce changement les a amenés à se surinvestir au risque de se mettre en situation de souffrance. « Mesurer la charge de travail s’avère difficile à distance. Certaines personnes se sont mises elles-mêmes sous pression », poursuit Claudia Noth. Le management intermédiaire a joué un rôle essentiel pendant cette période. Alors que les études avant Covid faisaient état d’un absentéisme en hausse et du sentiment de ne plus disposer de marges de manœuvre, les analyses récentes montrent que le management intermédiaire s’est trouvé revalorisé par le rôle d’accompagnateur et de facilitateur qu’il a endossé pendant cette crise malgré la surcharge de travail.

L’évolution de l’organisation du travail

L’entreprise est un lieu de socialisation. Avec le travail à distance, recréer du collectif devient un enjeu majeur. « Il faut inventer des espaces d’écoute communs, trouver des moments clés pour se rencontrer, échanger entre ceux qui ont été en 1ère ligne et ceux qui ont télétravaillé, explique Myriam El Khomri. Il y a eu une fragmentation des métiers et il est essentiel de recréer de la cohésion dans les entreprises. » Et Claudia Noth de compléter : « on peut organiser des temps de réflexion sur des projets fédérateurs, par exemple, lors des moments en présentiel. » Les enquêtes actuelles auprès des entreprises suisses font le constat d’une hybridation de l’organisation du travail qui mixe présentiel et distanciel. Pour Myriam El Khomri, « plusieurs défis se posent à nous : quel est le bon équilibre entre présentiel et distanciel ? Comment accompagner cette hybridation du travail ? Quel sera l’impact sur la culture managériale et comment l’amener à changer ? Comment, dans ce nouveau contexte, organiser le temps de travail et le repos quotidien ? »

L’évolution des compétences et de l’employabilité

La crise a révélé un problème d’employabilité de certains salariés et posé la question de la reconversion professionnelle. « La formation tout au long de la vie professionnelle est le sujet clé, selon Myriam El Khomri. L’entreprise doit garantir l’employabilité des salariés. » « Une coresponsabilité entre employeur et employé, précise Claudia Noth qui ajoute : « avec le développement de la flexibilité du travail, la crise a révélé des compétences insoupçonnées, notamment en termes de self leadership. » Et Myriam El Khomri de conclure : « c’est le moment de faciliter les reconversions professionnelles. Il est important de dresser la cartographie des secteurs en demande et ceux qui rencontrent des difficultés pour, ensuite, construire des passerelles entre les entreprises et, ainsi, améliorer l’employabilité. »

Le monde du travail d’après…

Pour Philippe Lamb, le monde du travail sera encore plus interconnecté et les individus travailleront davantage en réseau. Claudia Noth insiste sur le glissement d’une logique de performance vers une logique de contribution où le bien-être au travail devient un élément clé. Enfin, selon Myriam El Khomri, le monde d’après ne sera plus le monde d’avant… rappelant que, dans cette période où la santé et la vie ont été placées au sommet de l’échelle des valeurs, la dimension humaine reste l’enjeu majeur pour l’entreprise.
 
 "La crise a suscité un regain de confiance au sein des entreprises et a agi comme un accélérateur de tendances. La demande pour davantage d’horizontalité et de participation au projet collectif a été exacerbée. La transformation digitale nous amène à un changement culturel et est porteuse de nouveaux risques. L’attention a principalement été portée sur le télétravail et les cadres mais il faut rappeler que le télétravail a concerné une minorité de salariés. La crise constitue un risque pour les emplois majoritairement féminisés et peu qualifiés. Il est donc crucial aujourd’hui d’investir dans la formation et la reconversion."

Myriam El Khomri

Les défis de la relance économique

 
Principaux enseignements de l’enquête réalisée en juillet 2020 auprès de 211 entreprises romandes par le HR Bench Institute et l’Université de Neuchâtel – Synthèse de Philippe Lamb.
 

Situation sur le marché de l’emploi

Menace sur l’emploi

•    66.4% n’envisagent aucune réduction d’effectifs.

•    5.7% des entreprises interrogées prévoient plus de 10% de suppression d’emploi


Recrutement

•    32.2% des entreprises ont « gelé » le recrutement de nouveaux employés

•    Seules 3.3% des sociétés envisagent de recruter plus de 10% de leur effectif en 2020 


Chômage

•    3.1% en mai 2021, contre 3.4% en mai 2020 et 2.3% en mai 2019.

•    Pour rappel, 5.1% (!) observé au premier trimestre 2010.

 

Avenir du télétravail

87 % des entreprises prévoient de pérenniser le télétravail. La 1ère difficulté évoquée lors de la mise en place du télétravail est celle de la perte du lien social entre les salariés, bien avant la question technique. A l’inverse, seule 1 entreprise sur 5 mentionne le risque lié au rapport de confiance avec le salarié travaillant à domicile.
 

La crise comme accélérateur de la digitalisation des entreprises

La résilience et l’agilité sont les deux points forts qui ont émergé avec cette crise. Employés comme employeurs ont su s’adapter et supporter l’épreuve (les RHT y ont sans doute contribué). La majorité fait état d’un climat de confiance en hausse.

A l’inverse, la culture digitale et la structure des organisations pour tendre vers plus de responsabilisation et d’autonomie constituent les principaux points à améliorer ou à développer. Le top management se déclare prêt à consulter plus régulièrement les employés à l’avenir (64%).

 

Les principaux enjeux

Ils sont d’ordre managérial et culturel. L’objectif est de tendre vers un modèle de management plus participatif ce qui implique de clarifier la vision, la mission et les valeurs de l’organisation ainsi que de former les employés aux compétences relationnelles et managériales. Il est par ailleurs nécessaire de modifier la culture organisationnelle pour l’adapter à la digitalisation.

La créativité, la compétence managériale du futur

L’innovation technique ou technologique était déjà une valeur clé pour l’entreprise. Avec la crise, l’innovation sociale devient une vertu cardinale.
 
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